Sphinx du Plessis-Robinson : gardiens de l’histoire
Les Sphinx du Plessis-Robinson, gardiens de l’histoire
En 1988, un homme relève un club à l’abandon, lui donne un nom venu d’Égypte et les couleurs de Pittsburgh. Les Sphinx n’ont jamais gagné sous ce nom. Mais ils ont absorbé un champion, fusionné avec un autre, et donné naissance à une équipe qui, elle, a soulevé le titre. L’histoire d’un héritage qui refuse de s’éteindre.

« Nous ne vivons pas seulement à notre époque : nous portons toute notre histoire avec nous. » La phrase pourrait servir de devise aux Sphinx. En 1988, il ne reste presque rien des Cherokees d’Antony. Jean-Michel Colas décide de relever ce qui peut l’être. Il déménage le club au Plessis-Robinson, dans les Hauts-de-Seine, en change le nom et l’emblème, et fait renaître une équipe sur les vestiges d’une autre.
Le nouveau nom vient d’Égypte. Le sphinx, gardien des tombeaux, veille sur ce qui a été. Les couleurs, elles, traversent l’Atlantique : le club adopte le noir et l’or des Pittsburgh Steelers, l’une des franchises les plus titrées de la NFL. Sur les maillots, un mot cousu, Sphinx ; sur les casques, le même. Une manière d’afficher, dès le premier jour, une ambition claire, écrire sa propre légende.

Les débuts donnent le change. Dès sa première saison, l’équipe accède aux phases finales. La suite est prometteuse, et pourtant un obstacle demeure, toujours le même : gagner le titre. En 1992, les Sphinx atteignent la finale du Casque d’Or, au Stade Jean-Bouin, à Paris. Ils s’inclinent face à un futur monument du football américain français, les Argonautes d’Aix-en-Provence, sur le score de 33 à 20. Si près, et pourtant. La victoire suprême reste une énigme.
« Gagner le titre restera longtemps une énigme. »
Grandir par les fusions
Puisque le talent seul ne suffit pas, les Sphinx choisissent de s’agrandir. En 1992, ils absorbent les Jets de Saint-Cloud, champions de France 1985, alors à leur dernière saison. C’est le club du chapitre précédent qui disparaît ici, en rejoignant les Sphinx. L’année suivante, en 1993, ils s’unissent aux Castors, et cette fusion-là change tout.
Les Castors ne sont pas n’importe qui. Fondés en 1982 par des étudiants de l’École spéciale des travaux publics, vêtus de noir et blanc, ils règnent sur la fin des années 1980 : champions de France en 1987, 1988 et 1989, le fameux Casque d’Or, puis de nouveau en 1993. Ils ont porté les couleurs françaises en Coupe d’Europe, de la Toscane à Helsinki. En s’associant à eux, les Sphinx ne se contentent pas de renforcer un effectif : ils s’adossent à un champion.

Le résultat ne se fait pas attendre. En 1994, la fusion Castors-Sphinx du Plessis-Robinson est championne de France, et passe les frontières pour disputer la Coupe d’Europe. Le club touche son sommet. Pour sceller cette identité commune, l’équipe adoptera un dernier nom, les Mousquetaires. Désormais, ce sera un pour tous, tous pour un.
De ce parcours, il reste une leçon simple. Les Sphinx n’ont pas duré sous leur nom, mais rien de ce qu’ils ont bâti ne s’est perdu. Un club relevé de presque rien, un champion absorbé, une fusion gagnante : à chaque étape, l’histoire a été transmise plutôt qu’effacée.
Aujourd’hui
La lignée n’a pas disparu, elle s’est prolongée. De Castors-Sphinx aux Mousquetaires, l’équipe joue toujours, du côté de Châtenay-Malabry. Avec la collection Heritage, Capland réédite le noir et l’or du Plessis-Robinson pour les faire passer de l’archive à la rue. Une part de chaque pièce abonde le Fonds Heritage Capland, dédié à la mémoire des bâtisseurs du football américain français et au Hall of Fame qui leur manque encore.

Archives : clubs FFFA Héritage et foot2a. Vous figurez sur l’une de ces photos, ou vous en détenez les droits ? Écrivez-nous : nous créditons ou retirons sur simple demande.
Collection Heritage · Chapitre VII : Les Sphinx du Plessis-Robinson · Capland x foot2a