Rangers de Saint-Mandé : en ordre de marche
Les Rangers de Saint-Mandé, en ordre de marche
Un président, un entraîneur, un quarterback. En 1984, trois anciens des Hurricanes fondent un club sans stade ni budget, mais avec une discipline et une solidarité rares. L’histoire des Rangers, jusqu’à leur dernier baroud.

Tout commence par un partage des rôles. Un président, un entraîneur, un quarterback : c’est sur ces trois piliers que naissent les Rangers. En 1984, Didier Zouari, Gérard Lafont et Lionel Allegret quittent les Hurricanes de Paris et créent leur propre club. Les trois hommes se répartissent les fonctions clés et décident ensemble. Une chaîne de commandement claire, dès le premier jour.
Le nom est un hommage. Les « Rangers », comme les soldats américains débarqués en France pendant la Seconde Guerre mondiale. L’accent d’outre-Atlantique se retrouve jusque dans les tenues : les maillots reprennent les couleurs de l’université de UCLA, et les casques portent l’étoile des Dallas Cowboys. Le club s’installe à Saint-Mandé. Il n’a ni stade fixe ni gros moyens, mais il a une identité.

« Pas de stade, un petit budget, mais une chaîne de commandement et un groupe soudé. »
Cela n’empêche pas les Rangers de briller vite. Dès 1986, ils disputent la finale du championnat de deuxième division. La performance leur ouvre l’accès à l’échelon supérieur. La marche est haute, et les résultats ne suivent pas tout de suite.
L’union fait la force
Pour s’acclimater à l’élite, les Rangers organisent des entraînements communs avec le Spartacus et les Castors, deux équipes habituées au sommet, sous la houlette de John Sepulveda, coach d’un lycée américain. Sa présence fait venir la communauté nord-américaine au club. Un élan de solidarité s’installe : les Français se cotisent pour que chaque expatrié ait son argent de poche, et vont jusqu’à héberger leurs nouveaux coéquipiers chez eux.

Le groupe vit bien. Cette grande famille passe tout son temps au 1929, un bar-restaurant près de la Bastille. Les progrès sont réels, l’esprit est là. Mais le bon esprit ne suffit pas à combler le manque de moyens.
Le dernier baroud
Rattrapés par les finances, les Rangers fusionnent avec les Crazy Lions pour devenir les Frelons. Le club se dissout ensuite au sein du Team Paris, après une finale de première division. Beau baroud d’honneur pour ces soldats, partis les armes à la main.
Des Rangers, il reste peu de traces dans les classements. Une poignée de saisons, un nom qui s’efface, comme tant de clubs de cette génération. Reste ce qui ne se mesure pas : une manière de faire équipe, et des couleurs.
Aujourd’hui
Le bleu ciel des Rangers n’a pas disparu. Avec la collection Heritage, Capland réédite ces couleurs pour les faire passer de l’archive à la rue. Une part de chaque pièce abonde le Fonds Heritage Capland, dédié à la mémoire des bâtisseurs du football américain français et au futur Hall of Fame qui leur manque encore.

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